"Dans Jésus nous trouvons tout"

CONGRÉGATION DES SACRÉS CŒURS
de JÉSUS et de MARIE
Gouvernements généraux des Frères et Soeurs, Rome

ESPAÑOL | ENGLISH | FRANÇAIS

Home / Nouvelles / Les mots clés de notre charisme : Adoration

Les mots clés de notre charisme : Adoration

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et du mois des Cœurs de Jésus et de Marie, nous avons voulu aborder cinq mots clés de notre charisme (le cœur, l'adoration, la réparation, l'internationalité et l'esprit de famille), main dans la main avec cinq frères, de différentes latitudes de la Congrégation.

 

Adoration : Que serait le monde sans communautés priantes

Les restrictions imposées à cause de la pandémie du Covid 19 nous ont beaucoup donné à réfléchir sur la manière de continuer à être présents aux autres durant cette période, aussi bien en tant que paroisse qu’en tant que communauté religieuse. En effet, comme le souligne l’article 40 de nos Constitutions, notre vie communautaire doit être « l’élément fondamental et le premier témoignage de notre mission », et certains de nos paroissiens nous disent qu’ils ressentent le rayonnement de notre présence en tant que communauté. Dans un premier temps, nous avons opté simplement pour des messages postés sur le site internet de notre paroisse, exprimant notre compassion pour les familles pour qui la situation devait être lourde à gérer, et renvoyant vers des propositions existantes par ailleurs pour suivre la messe télévisée ou pour soutenir leur prière personnelle par des textes et des commentaires des lectures de la liturgie. Nous avons également développé une attention à des personnes âgées isolées de notre quartier, dont la solitude déjà réelle se trouvait accentuée par le confinement, et qui développaient parfois une angoisse très forte par rapport au risque de contracter le virus. Pour une dame en particulier, le fait de l’appeler quotidiennement et de lui faire des courses alimentaires chaque semaine pour lui permettre de limiter ses sorties l’ont aidée à garder le plus de sérénité possible. Nous ne nous sentions pas la possibilité de faire plus, car par ailleurs pour les étudiants parmi nous, les cours continuaient à distance, donc le confinement ne nous a pas libéré beaucoup de temps. Personnellement, j’ai ressenti une certaine impuissance : le monde prenait à bras le corps le combat contre cette pandémie, il témoignait une belle reconnaissance envers les soignants par des applaudissements tous les soirs à 20h chacun à sa fenêtre, et semblait se passer très bien de l’Eglise.

Le fait que nous ne nous déplacions plus à l’université nous a permis d’avancer un peu l’horaire de notre temps d’Adoration communautaire hebdomadaire, et je pense que cela nous a tous permis d’en profiter davantage. A l’école de Damien, je comptais particulièrement sur ce temps pour recevoir du Seigneur la force d’Amour nécessaire à la mission : lui c’était pour arriver à supporter les odeurs dégagées par la lèpre des personnes dont il s’occupait ; moi c’était, beaucoup plus humblement, pour continuer à être généreux de mon temps et à l’écoute pour les personnes qui en avaient besoin.

Cette année, nous avions décidé d’ouvrir notre temps d’Adoration une fois par mois aux paroissiens qui le souhaitaient pour leur permettre de découvrir cet aspect de notre charisme. Les premiers mois nous avions eu quelques personnes à chaque fois. Mais la dernière fois avant le début de la pandémie, nous avions eu dix personnes, et j’avais été frappé du très grand nombre d’intentions de prières qui avaient été formulées à la fin. Une autre heureuse surprise a été quand quelques paroissiens, habitués de l’organisation logistique des évènements, sont venus nous proposer juste avant la Semaine Sainte d’organiser la diffusion de nos messes sur internet. Nous avons accepté leur proposition, et avons été presque surpris de constater à quel point les paroissiens l’attendaient, et étaient heureux de retrouver un lien avec leur communauté le dimanche, même de manière virtuelle.

Il est intéressant d’observer ces différentes manières de suivre le Christ. Certains sont plus attachés à la prière et à la vie sacramentelle. D’autres le vivent davantage dans le service. Et même ceux qui ne se sentent pas appelés à une vie de prière, nous confient parfois que pour eux, c’est très important de savoir que nous sommes là et que nous prions. Alors, même si l’on peut parfois s’interroger sur le peu d’impact et d’utilité de l’Eglise institutionnelle qui demeurent dans nos sociétés occidentales, comme j’en ai fait l’expérience, je me demande ce que serait le monde sans communautés priantes.

Quentin Huillard sscc (France)

 

 

 

05/06/2020