"Dans Jésus nous trouvons tout"

CONGRÉGATION DES SACRÉS CŒURS
de JÉSUS et de MARIE
Gouvernements généraux des Frères et Soeurs, Rome

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Passer par Usseau, un nouvel élan

Le 20 juillet, les participants à la Session de Poitiers se sont rendus en pèlerinage à La Motte d'Usseau, le lieu où le jeune père Pierre Coudrin vécut, il y a plus de deux siècles, l'une des expériences les plus déterminantes de sa vie : les cinq mois de clandestinité qui allaient déboucher sur l'intuition fondatrice de la Congrégation. Nous accompagnions ce jour-là Bertrand Cherrier sscc, Provincial de France, Corneille Kipulu sscc (de la communauté de Poitiers), Marie Madeleine Hamoir, de la Paroisse Saint-Damien de Molokai et membre de la branche séculière. Le curé actuel d'Usseau et l'ancien curé se sont également joints au pique-nique.

La journée a commencé par une évocation historique et spirituelle du contexte dans lequel Pierre Coudrin a vécu ce moment fondateur de sa vie. Une conférence de Valentinus Sedu Ritan sscc, de la Province d'Indonésie et membre de la communauté Pierre Coudrin de Picpus, ainsi que la procession avec le Saint-Sacrement depuis l'église d'Usseau jusqu'à la ferme, a évoqué la fuite de Coudrin lui-même qui, le dimanche de Pâques 1792, menacé d'arrestation, dut quitter Coussay pour se réfugier chez son cousin Maumin. Avant le départ fut proclamé le passage d'Élie à l'Horeb (1 Rois 19, 1-14), figure du prophète qui dut lui aussi fuir pour sauver sa vie et qui trouva Dieu non dans l'ouragan, le tremblement de terre ou le feu, mais dans le murmure d'une brise légère.

Valent a guidé les participants tout au long de ce parcours, les invitant à se demander, comme Élie et comme le Bon Père, quel a été leur propre refuge dans les moments de peur. La procession jusqu'à La Motte s'est déroulée en silence, accompagnée de bougies, le père Valent ouvrant la marche avec le Saint-Sacrement.

Arrivé à la ferme, le groupe s'est rassemblé devant le petite grenier — à peine cinq mètres de long, deux de large et un mètre cinquante de haut — où le père Coudrin resta caché pendant cinq mois, entre fin avril et octobre 1792, sans pouvoir sortir le jour ni se confesser, se nourrissant de l'Eucharistie quotidienne à minuit et de la lecture de l'Histoire Ecclésiastique. C'est là, en septembre de cette année-là, qu'il eut la vision que la tradition de la Congrégation appelle « la Vision de la Grange » : l'intuition d'une double famille religieuse, d'hommes et de femmes, pauvres et sans ressources, envoyée à annoncer l'Évangile partout.

L'itinéraire a également rappelé comment, le 20 octobre 1792, la lecture du martyre de saint Caprais d'Agen poussa Pierre Coudrin à quitter sa cachette et à entreprendre, sans plus attendre, le chemin d'une vie donnée à la mission, qui le mènerait quelques mois plus tard à rencontrer Henriette Aymer, tout juste sortie de prison.

Les participants ont eu un temps d'adoration silencieuse devant le Saint-Sacrement, exposé dans le granier même, suivi d'une prière d'action de grâce pour la foi de Pierre Coudrin et pour le don de la Congrégation.

La journée s'est achevée par la célébration de l'Eucharistie à La Motte d'Usseau, présidée par Edmar Aparecido de Oliveira sscc, qui a souligné que « nous sommes au lieu où Dieu s'est adressé avec le plus d'intensité à notre fondateur, ce qui remplit nos cœurs de joie et nous fait renouveler notre vocation sscc ».

Le château de La Motte d'Usseau, qui appartint à la famille de Viart depuis le XVIIIe siècle, garde également un lien particulier avec les origines de la Congrégation : c'est là que naquit en 1772 Irène de Viart, plus tard sœur Françoise, deuxième Supérieure générale après la mort de la Mère Henriette. Acquis par les Frères des Sacrés-Cœurs en 1863, il demeure aujourd'hui propriété de la Congrégation, qui conserve la maison de la ferme et le grenier qui servit de cachette au Fondateur. Ces espaces sont en cours d'aménagement par la Province de France pour accueillir des groupes.

Comme le rappelait Valent Ritan, « passer par Usseau » n'est pas une simple évocation historique, mais une invitation à reconnaître, aujourd'hui encore, la force de ce même élan qui poussa Pierre Coudrin à quitter son refuge : la certitude d'avoir été envoyés à porter l'Évangile partout.

Notre sœur Graciela Garay Miranda sscc, de la province du Chili-Paraguay, nous fait part de son expérience de la session de Poitiers 2026 depuis la grange de La Motte d'Usseau. Cliquez sur ce lien :

https://www.facebook.com/reel/2461997770980872

21/07/2026