
Du 12 au 13 février a eu lieu, dans la maison des exercices de San Jose, à l’Escorial, la réunion annuelle des supérieurs et supérieures de la péninsule ibérique. À cette occasion, le thème abordé était la vie religieuse « en sortie". Cette réunion était animée par Sebastián Mora, Secrétaire général de Caritas-Espagne et membre de Caritas International.
Dans un exposé clair, il nous a fait découvrir que cette « Eglise en sortie », à laquelle nous invite le pape François, ne consiste pas à abandonner notre maison pour aller ailleurs, mais bien plutôt à entrer dans un processus qui comprend obligatoirement trois moments (d’où ses trois exposés) :
Tout d'abord, il a présenté une analyse de la réalité, de faits et statistiques ainsi que d’expériences de situations personnelles. « Prendre en charge la réalité ». Un scénario caractérisé par la complexité, qui doit nous faire éviter tout fondamentalisme, à cause de l'incertitude, de la vulnérabilité individuelle et structurelle liée à une pauvreté généralisée et devenue "chronique", une crise économique dont la cause est moins un manque de production qu’une absence de solidarité : il y a de l'argent, mais on ne sait qu’en faire ? C’est pour cela que l’expression des pauvres est si importante : « ce n’est pas la pauvreté qui nous fait peur, mais bien plutôt l'inégalité qui nous fait mal» (s’il n’y a pas de nourriture, comment s’en sortir ?).
En un deuxième temps la réflexion a porté sur ce que devrait être « la prise en charge de la réalité», en prenant « la périphérie » comme lieu herméneutique, c'est-à-dire, d'un point de vue global. Il nous a mis en garde d’aller à la « périphérie » par de mauvaises chemins, souvent empruntés par les bénévoles: des « surfeurs » qui n’ont pas le souci de réfléchir mais dont le seul but est de se faire voir ; ou agir avec le « smartphone » en vivant la réalité de manière virtuelle, décalée, plus préoccupés de montrer la réalité que de la vivre. C’est comme une machine à laver qui tourne beaucoup (activisme), mais sans avancer, tout en créant un vide intérieur. Il est fondamental d’aller à la rencontre de celui qui souffre et de souffrir avec lui.
Enfin, troisième temps: « prendre en charge la réalité ». La vie religieuse doit apparaître comme quelque chose de différent et en même temps proche, parce que la différence est témoignage, ce qui est distant est absence. Au-delà de la prédication kérygmatique, ou même d’un accompagnement pastoral (Emmaüs), nous devons apprendre la manière d’agir de Jésus avec la Samaritaine. C’est le Seigneur qui lui demande: « Donnez-moi à boire ». Nous avons plus besoin de témoins que de théologiens.
Enfin, dans notre discernement nous pourrions nous demander : Sommes-nous avec ceux que personne ne veut rencontrer? Là où nul ne veut être ? Comment personne ne veut être ? Que sommes-nous capables d’apporter et qu’est ce qui nous empêche de l’apporter ?
15/02/2016