Par ses atours, Marie est de son temps, ou plutôt de tous les temps, d’un temps présent, toute abandonnée qu’elle est à la virginité qu’elle porte au plus intime d’elle-même.
Toute la personne de Marie, surtout son visage donne l’impression d’une femme profondément recueillie, intériorisée et qui garde les événements dans son Cœur. Cœur et visage sont limpides. Exposée à la Lumière divine qu’elle capte, Marie contemple. Elle semble percevoir ce qui se passe, le saisir, le retenir un moment pour s’en imprégner et y entrer davantage.
La regarder nous apprend à nous ouvrir à ce qui est comme un fond d’éternité et de paix derrière chaque heure, chaque visage, chaque geste, chaque parole.
L’enfant-Jésus. Est-il le portrait de sa mère ? Difficile d’en juger. Leurs mains se ressemblent. La droite de Jésus est serrée sur une croix, signe de Salut alors que celle de Marie tient une branche d’olivier, signe de Paix. La gauche de Jésus porte le monde, celle de Marie, ferme et vigoureuse, porte son enfant, Prince de la Paix. Mêmes mouvements, mêmes gestes. Marie, Jésus, la Croix, la Paix, l’univers : n’y-t-il pas là les éléments essentiels de notre spiritualité ?
Et les pieds de Marie ? Qu’y auront elles vu les sœurs de Picpus en 1806 ? Des pieds nus dans des sandales très sobres : juste une semelle et quelques lanières. Des pieds qui esquissent un pas vers l’avant. Partir ? Marie l’a fait en hâte pour aller à la rencontre de sa cousine Elisabeth… Marcher, marcher jusqu’aux limites de la terre : n’est-ce pas ce qu’à fait Notre Dame de Paix pour aller, en compagnie de nos frères et sœurs, parler de Paix sous tous les cieux où est implantée la Congrégation ?
Jeanne Cadiou, ss.cc.