"Dans Jésus nous trouvons tout"

CONGRÉGATION DES SACRÉS CŒURS
de JÉSUS et de MARIE
Gouvernements généraux des Frères et Soeurs, Rome

ESPAÑOL | ENGLISH | FRANÇAIS

Home / Nouvelles / Depuis Kinshasa : de la panique au réconfort de la foi

Depuis Kinshasa : de la panique au réconfort de la foi

Que nous arrive-t-il ?

Nous nous sommes endormis dans un monde et nous nous sommes réveillés dans un autre. Le monde qui semblait être ensoleillé, et voilà aujourd’hui en train de sombrer dans le noir. Soudain Notre joie que nous procurait notre routine – notre emploi, notre contact physique et affectueux avec nos frères et sœurs – nous est ravie : Nous voilà affolés, confinés par un virus dont on ne sait presque rien. Les câlins, les accolades, les bisous affectueux deviennent soudainement des armes de contagion et le fait de ne pas rendre visite aux parents et aux amis devient un acte d’amour : hélas, c’est écœurant ! Soudainement cette épidémie qui ne faisait pas partir de notre quotidien, le devient. Elle est venue nous faire descendre de notre piédestal. « L’homme soi-disant tout-puissant apparait dans sa réalité crue. Le voilà nu. Sa faiblesse et sa vulnérabilité sont criantes » (Interview du Cardinal Sarah du 13/04/2010 : cette épidémie disperse la fumée de l’illusion).

Les cris s’élèvent de partout, et cela fait peur car aucun pays n’est épargné, nous avons l’impression que l’humanité s’écroule, que la vie touche à sa fin. Chaque jour on nous annonce un grand nombre de contaminés et des milliers de décès, quelle douleur ! Nous réalisons combien la mort n’est pas loin. Cris d’angoisse devant une situation dans laquelle il n’y a pas encore un remède plausible, mais aussi cris de solidarité d’une humanité qui se veut rassurante, d’une humanité qui se redécouvre dans sa faiblesse.

Oui, le monde pourtant continue sa vie et continue d’être magnifique. Il ne met en cage, en confinement que les humains. Je pense qu’il nous envoie un message fort : « Vous n’êtes pas indispensables, la nature va bien sans vous. Et même mieux. Quand vous reviendrez, rappelez-vous que vous êtes que les intendants…. Pas les maîtres ». Le fait d’être confinés à la maison, je l’espère, doit nous permettre de nous tourner maintenant vers les choses essentielles, de découvrir l’importance de nos rapports avec Dieu, et donc la centralité de la prière dans l’existence humaine. Et dans la conscience de notre fragilité, de nous confier à Dieu et à sa miséricorde paternelle.

Comment vivons-nous ce moment dans une communauté de formation ?

Devant cette situation nous constatons que certains paniquent, ils ont peur. D’autres refusent de voir l’évidence, ils se disent : c’est un mauvais moment qui va passer, tout recommencera comme avant. Mais comme Chrétiens devons-nous vivre ce moment dans l’impasse ? J’ose croire que non. Pour bien vivre ce moment, nous devons partir du questionnement : Que dois-je faire en cette période spéciale de confinement ? Cela nous aidera à voir la réalité en face et à définir les choses essentielles : dois-je rester dans la peur ou la panique ? dois-je me contenter à attendre que la situation disparaisse d’elle-même ou que les autres en trouvent la solution ? ou tout simplement, dans ce silence, ce confinement, je peux offrir au monde, à toutes les personnes que j’aime ce que j’ai de plus précieux comme chrétien : Ma prière. Certes la prière est un don de Dieu (Cf. Catéchisme nº 2559-2561), un élan du cœur, un simple regard jeté vers le ciel, un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la Joie (cf. St. Thérèse de l’Enfant Jésus, Autobiographie C 25r).

Notre fondateur le Père Pierre Coudrin qui a vécu un tel moment de confinement dans l’ado-ration – lors de la Révo-lution française – nous révèle si bien le secret de la prière dans les moments difficiles de la vie et il nous le dit par des mots simples : « Je fus ainsi renfermé cinq mois entiers, sans pouvoir sortir…. Mais le Seigneur, m’avait fait la grâce de ne ressentir aucune inquiétude, et je jouissais d’une grande paix (…). Il est certain que le Bon Dieu fait de grandes grâces dans ces moment-là » (cf. récit de la vision du Bon Père à la Motte d’Usseau entre mai et octobre 1792).

Nous comme communauté, nous sommes partis de ce questionnement : Que devons-nous faire comme communauté en cette période spéciale de confinement ? Cela nous a permis de passer d’un moment de peur généralisée à un moment d’intériorisation dans lequel nous avons puisé une force spirituelle. Nous avons pris toute une matinée de méditation pour y réfléchir, en se servant comme support du récit de l’expérience du Bon Père à la Motte d’Usseau (cité-haut).

Le Partage de chacun a été riche spirituellement, plein d’encouragement mutuel et a constitué une nouvelle vision d’appréhender ce temps difficile. Cela nous a aidé et continue à nous aider comme communauté, dans cette situation difficile, à redécouvrir notre vocation à la prière, à vivre l’adoration pendant laquelle nous pouvons intercéder pour le peuple entier : les malades, les défunts, les personnels soignants : infirmières, médecins ainsi que les volontaires et les héros du quotidien. N’ayant pas la possibilité de célébrer les messes dans nos paroisses avec nos chrétiens, nous avons aussi découvert une nouvelle façon de faire vivre avec eux notre paternité spirituelle comme prêtres, à travers les réseaux sociaux, tout autour du partage de la parole de Dieu.

La lumière du ressuscité brille-t-elle dans nos cœurs ?

Était-ce une coïncidence de fêter la paques dans un tel contexte ? N’est-il pas vrai que c’était nos maladies que le Christ portait, et nos douleurs dont il s’était chargé……. Et par ses meurtrissures que nous sommes guéris ? (Cf. Is 53, 4-5 ; 1 P 2, 24). Célébrer la Pâques dans un tel contexte, c’est une grâce. Une grâce qui doit faire grandir en nous la foi : « soyez sans crainte » (Cf. Mt 28, 10), et qui doit nous faire tourner vers Dieu qui écoute nos prières : « J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes. Je vais te guérir » (2 R 20,5b). La lumière de la résurrection, doit donc nous apporter la conviction et l’espérance que tout n’est pas perdu, tout n’est pas fini, il y a lieu de croire en la vie et de choisir la vie (Dt 30, 19), de placer notre espérance au Maître de la vie (Jn 11, 25 ; 14, 16), « Celui qui fait mourir et fait vivre, Celui qui nous guérit » (Cf. Dt 32,39), « Celui qui change les temps et les circonstances » (Dn 2, 20-21). En nous rappelant de belles paroles de cette splendide chanson : « Un soleil se lèvera sur nos calvaires, L’espérance habite la terre : la terre où germera le salut de Dieu. Un soleil se lèvera sur nos calvaires, Notre Dieu fait vivre son peuple ».

Oui, le monde qui sombre aujourd’hui dans le noir doit redécouvrir la véritable lumière, la présence du Ressuscité qui se lève dans notre nuit pour nous redonner vie. Méditant, sur une telle situation à la lumière de la résurrection, m’aide à comprendre que nous avons besoin de la présence du Christ dans notre monde en désarroi, pour nous guérir. Seule une personne qui croit que le Christ est vivant et présent, et qui sait reconnaitre sa présence demeure en lui et le Christ en lui (Cf. Jn 15, 4-7). Cherchons à reconnaitre la présence du Christ, il est toujours présent avec nous, nous dit-il, jusqu’à la fin des temps (Cf. Mt 28,20), dans nos moments de découragement ou de désespoir comme les disciples d’Emmaüs (Cf. Lc 24, 18-35), dans nos moments de doute comme Thomas (Cf. Jn 20, 19-31), dans nos moments de souci et de pleur comme Marie Madeleine (Cf. Jn 20, 11-18).

Seule sa présence donne un sens à notre vie et à nos multiples inquiétudes. Au cœur de nos détresses, aux cris de nos douleurs, c’est bien lui qui souffre sur nos croix et nous passons sans le voir. Aux nuits de solitude, aux soirs de l’abandon, c’est bien lui qui meurt sur nos croix et nous passons sans le voir. En ce moment où le soir approche et déjà le jour baisse, nous devons donc tourner nos regards vers le Seigneur ressuscité et Lui dire : « reste avec nous » (Lc 24, 29), car seule sa présence et sa parole sont un véritable réconfort pour nous en cette période spéciale. Il est donc temps, avec la grâce du Ressuscité, de quitter de la panique au réconfort de la foi, de la peur au courage et à l’espoir de la foi. Dieu ne nous a pas abandonné.

Maxime Menga sscc

 

 

 

 

 

21/05/2020

  • 1. Columban Crotty ha scritto il 21/05/2020 alle 12:16:

    Encouraging and hope-filled words. Thank you